vendredi 22 juin 2012

Océan-Manor et l’Armada retourne en mer.



Lien pour accéder au diaporama:
Lundi 11 juin, le temps est toujours maussade. Nous louons une voiture pour aller à Archiac. C’est à 20 km de Cognac, un peu loin pour y aller en vélo, surtout que c’est une route passante et sans piste cyclable. Vu le temps, c’est mieux aussi. Une visite très instructive qui complète bien notre escapade dans le pays du cognac et du pineau. 

La Grenouille arrive même à monter un petit tonneau sous les conseils d’un ouvrier monteur très professionnel.  Retour au bateau vers midi. Le temps de déposer la voiture, nous allons tous au restaurant sous une pluie diluvienne, même les plaques d’égout débordent, la rue se transforme en rivière. 

L’après-midi est plus sec et nous en profitons pour aller faire le plein de gasoil au Leclercq un peu plus en aval de Cognac. Le parking donne sur la Charente. Il faut sortir les bidons et faire quelques allers retours entre la pompe et le bateau. En Charente, c’est la seule solution pour faire le plein du bateau. Nous retournons nous amarrer sur le quai de Cognac.
Mardi, nous n’avons pas encore un beau ciel bleu mais c’est bien plus dégagé qu’hier. La descente se fait sans problème, le niveau de la Charente a monté de 10 cm avec tout ce qui est tombé hier. Nous préparons l’écluse de Crouin, la dernière écluse manuelle, pour La Kim Anh et le Solfanne. Nous les éclusons. Le ciel se couvre et noircit dangereusement. Nous rebasculons l’écluse pour l’Océan-Manor et le San Francisco. Les premières gouttes tombent à la sortie de l’écluse et nous faisons quelques km sous des trombes d’eau. 

Le ciel se dégage rapidement et le soleil brille magnifiquement lorsque nous arrivons Chez Landart. Nous allumons le barbecue et mangeons sur le ponton. Nous allons saluer Christian Babinot avant de reprendre notre chemin. Le soleil reste de la partie. Il y a du trafic aujourd’hui, nous croisons quelques bateaux de location, il y a de l’attente à l’écluse de la Baine. Nous en profitons pour aller faire un petit tour au moulin qui est juste à côté de l’écluse. Nous arrivons à Chaniers. 

Le bac est en action, pas question de passer, il y a un câble tendu entre les 2 rives pour maintenir le bac dans sa trajectoire. Nous attendons la fin de sa manœuvre et le feu vert du pontier pour passer. Nous nous amarrons à Chaniers pour la nuit, sauf le Solfanne qui continue jusqu’à Saintes. Martine et Patrick viennent nous rejoindre pour la soirée. Nous sommes heureux de voir Patrick en pleine forme, lors de notre remontée de la Charente, nous avions été le voir à Saintes mais à l’hôpital. 

Nous dînons tous sur les tables de la halte. Un repas fort agréable surtout que le temps se maintient et que le soleil reste avec nous pour la soirée jusqu’à son coucher.
Mercredi, le ciel ne se remet pas au beau fixe, il reste de gros nuages parfois menaçants. Une petite navigation tranquille nous conduit jusqu’à Saintes. 

Vu le nombre de bateaux de location qui remontent la Charente, nous devrions avoir de la place sur le ponton à Saintes. Nous y rejoignons le Solfanne pour déjeuner. Nous naviguons encore quelques km pour nous rendre à Port d’Envaux. Nous trouvons tous de la place sur le ponton. Un petit tour dans le village pour aller voir les Lapidiales, une ancienne carrière de pierre où des sculpteurs internationaux devraient travailler. Lorsque nous arrivons, tout est fermé et sans vie. 

Nous voyons bien l’entrée de la carrière mais c’est tout. Déception, surtout que plusieurs personnes rencontrées nous en avaient dit du bien : A voir absolument. De retour au bateau, le percepteur est là pour nous faire payer la place de port : 12,60 € pour une nuit : il y a l’eau (des robinets qui goutent), un peu d’électricité, seulement 2 ampères, juste de quoi brancher un téléphone à recharger et c’est tout pour les services… La commune exagère un peu ses tarifs. C’est le seul port payant sur la Charente et en plus, avec un tarif prohibitif ! Nous y resterons mais 1 nuit, pas plus. Nous en avions prévu 2 ainsi qu’un restaurant qui nous avait été recommandé. Dommage pour lui.

Jeudi, nous profitons de notre halte et l’ouverture  de la mairie pour dire notre mécontentement des aménagements portuaires. La Kim Anh et le Solfanne descendent à Saint Savinien. Nous gardons Kim avec nous et nous partons en vélo au château de Panloy. 

Un magnifique pigeonnier avec ses niches et son échelle tournante trône au milieu du jardin, près de 4000 pigeons y vivaient à l’époque. Nous sommes reçus par le châtelain lui-même qui nous compte l’histoire de son château au travers les âges et plus particulièrement, l’histoire de la Marquise de Grailly  qui a sauvé son château en se séparant de son mari en utilisant la loi révolutionnaire du divorce. Son ex-mari, exilé en Angleterre, revient pour se remarier 10 ans plus tard avec la Marquise, lorsqu’il est amnistié en 1802. 

Le château de Panloy est magnifiquement meublé, avec des meubles qui ont toujours été au château et pour certains même, qui ont été créés pour le château. Un salon tendu de tapisserie de Beauvais réalisées aux dimensions des murs dans un remarquable état de conservation. Sans oublier les objets parfois insolites tel un rafraîchissoir, une baignoire ou une machine à café. Malheureusement, interdiction de faire des photos… si vous voulez le voir, il faudra aller le visiter. Après cette très belle visite, nous nous rendons au château de Crazannes. Demeure magnifique au milieu de son parc et de ses douves. 

Nous montons en haut du donjon et nous nous y installons pour déjeuner. Nous déballons notre pique-nique, quel plaisir de pouvoir manger dans un tel lieu. Après le repas, nous parons à la découverte du parc, de la chapelle et des douves avant de rejoindre le château pour une visite guidée. 

Autant les extérieurs sont beaux, autant l’intérieur est décevant. On croirait se trouver dans une brocante. Les meubles sont certes jolis mais hétéroclites et agencés sans âme. Autant on imagine bien la vie à l’époque dans les pièces du château de Panloy, autant on se trouve chez un marchand de meubles dans le château de Crazannes. Retour au bateau en faisant un petit crochet vers l’église de Port d’Envaux et ses 2 derniers châteaux que ne se visitent pas. Nous repartons pour une courte navigation  qui nous mène à Saint Savinien où nous retrouvons les 2 autres bateaux de l’armada partis ce matin.
Vendredi, nous montons tous à bord d’Océan-Manor. 

Philippe prend la barre pour nous mener à Crazannes en sauvage à Port la Touche, ancien port du village où il n’y a aucune installation. Nous débarquons tous pour nous rendre sur le chemin de la pierre et visiter les anciennes carrières de Crazannes d’où sont parties les pierres des quais de Londres, de la cathédrale de Cologne, du socle de la statue de la liberté mais aussi de la corderie de Rochefort et fort Boyard. Toutes les visites guidées sont complètes par des scolaires… Impossible de visiter. 

Nous revenons à Saint Savinien pour déjeuner avant de prendre la marée pour Rochefort. La descente se fait tranquille. Nous arrivons sur les pontons d’attente pour la nuit. Les portes de l’écluse du port ne s’ouvrent qu’à Marée haute. La marée descend et nous nous posons doucement dans la vase à marée basse. Il faut descendre à l’échelle pour rejoindre le ponton, et il est bas. 

Michel frotte les échelons pour que Kim puisse descendre. En fin de journée, Maria rejoint le bord de San Francisco à marée basse bien sûr.
Le samedi est consacré à la visite de la corderie. Il ne fait pas super beau. 

Nous rentrons les bateaux dans le port à la marée haute de l’après-midi. Nous sommes tous les 4 ensembles à couple 2 par 2.
Dimanche, le soleil est revenu. Nous avons rendez-vous pour la visite guidée de l’Hermione. 

Nous avons de la chance, il y a un groupe qui s’est désisté, sinon nous n’aurions pas pu visiter l’intérieur. Toutes les places sont prises jusqu’au 15 juillet.
Lundi, le temps est plutôt ensoleillé. Nous terminons la visite de Rochefort. C’est une très belle ville où il y a plein de choses à voir et à visiter. Au lit coucher de bonne heure, demain matin le réveil sonnera tôt.

Mardi, 5h40, nous sortons du port pour retourner en Charente. Nous partons pour la mer. Quelques km encore et nous voilà à la pointe de Fouras face à l’île Madame. 

Encore quelques milles et nous voilà au mouillage à l’île d’Aix. 3 corps morts libres. Nous nous y accrochons et nous laissons le San Francisco jeter son ancre, il a un guindeau électrique, c’est beaucoup plus aisé pour remonter le mouillage. 

Les annexes sont mises à l’eau et commence le va et vient entre les bateaux et la plage. Tout le monde débarque et nous partons visiter cette petite île encore un peu sauvage. 

C’est marée basse et la première occupation est la recherche d’huîtres pour en goûter tout de suite mais pour l’apéritif de ce midi. Pique-nique sur l’île. 

Nous allons visiter Fort Liédot, nous ne sommes pas encore en saison (1er juillet 31 aout) et le fort n’est ouvert que le dimanche après-midi ! Nous continuons notre visite de l’île avant de se prendre une bonne averse. Une crêpe pour se réchauffer avant de réembarquer dans les annexes et rejoindre nos bords respectifs. 16h00, nous levons l’ancre, sauf pour le San Francisco. 

Impossible de relever l’ancre, elle est bien coincée. Après plusieurs essais infructueux, même avec l’aide d’Océan-Manor, nous décidons de scier la chaîne qui nous relie à l’ancre bloquée. Il est 17h00, nous quittons enfin le mouillage, l’ancre est restée au fond, il faudrait y revenir à marée basse. Nous naviguons sur une mer calme avec un ciel de plus en plus menaçant. Nous ne resterons pas sec, à l’approche de La Rochelle, nous sentons les premières gouttes, la tour Richelieu passée, c’est le déluge ! 

Nous passons les 2 tours de La Rochelle sous une pluie battante. Nous trouvons place au vieux port, les pontons sont presque vides. Nous avons juste les 2 Pédro à couple.

Mercredi, nous restons à La Rochelle pour pouvoir visiter la ville pour certains. Pour d’autres, c’est la recherche d’une ancre qui peut remplacer celle laissée au fond de l’eau et ce n’est pas une mince affaire lorsque l’on voit l’avant du San Francisco. Une journée bien remplie.

Jeudi, nous sommes toujours à La Rochelle, la troisième nuit y est gratuite, autant en profiter ! Nous restons donc une journée de plus. Le soleil est avec nous mais le vent souffle plein ouest. 

Nous continuons la visite de la ville sans oublier le tour des bassins pour voir les bateaux et il n’en manque pas. Une visite à l’aquarium qui est toujours aussi joli à voir, un lieu dédié au rêve mais aussi à la compréhension de la mer. 

Encore une journée bien remplie. Le vieux port est animé ce soir, c’est la fête de la Musique, le port est cerné d’orchestres en tout genre, il y en a pour tous les goûts.
Vendredi, nous restons une journée de plus à La Rochelle, la météo n’est pas avec nous, 3 à 4 beaufort d’ouest forcissant 5 en milieu de journée. 

Nous ne voulons pas prendre de risque en prenant la mer avec une telle météo. La sagesse nous commande de rester à quai.

dimanche 10 juin 2012

C’est parti pour la descente.



Toujours pas de diaporama sur le blog, je ne sais pas comment le réimplanter correctement. Il vous faut donc cliquer sur le lien ci-dessous pour y accéder. N'hésitez pas à le consulter il y a beaucoup plus de photos qui illustrent le texte.



Lundi 4 juin, le temps est mitigé et plutôt frais. Ce week-end nous avons perdu quelques degrés.9h00, nous quittons Angoulême. 

A l’écluse de Saint Cybard, la vantelle défectueuse est toujours abaissée. Nous n’y touchons pas et éclusons un peu plus lentement mais sans aucun problème. La descente de la Charente est plus rapide que la montée. Nous bénéficions de 1,5 km/h de courant. Il faut se méfier des bancs de sable, on s’y pose mieux et beaucoup plus vite à la descente ! Le temps se maintient, nous bénéficions même d’un petit rayon de soleil. 

Lorsque nous arrivons à l’écluse de Basseau, nous avons une bonne surprise, la vantelle défaillante a été réparée. Nous éclusons sans aucune difficulté, ce qui est bien plus agréable. Nous nous amarrons à la halte de Trois Palis pour déjeuner. Le soleil se montre de plus en plus généreux. Petite escapade à la chocolaterie à l’heure du goûter. Après-midi relax et soirée tranquille. Nous ne naviguerons plus aujourd’hui.

Mardi, malgré la fraîcheur, le ciel est bleu et le soleil brille. Nous partons toujours par groupe de deux pour une descente agréable. La première écluse, La Mothe, est encore une écluse des 2 dernières écluses à manivelle pour les vantelles plutôt que des volants, c’est plus fatigant et plus dangereux à manœuvrer. 

Aujourd’hui, elle a un peu de mal à fonctionner correctement, une tige d’ouverture de porte est complètement tordue et la chaîne déraillée pend tristement. Océan-Manor et San Francisco continue leur navigation, Jean Marie reste à l’écluse pour aider Kim et Chantal à manœuvrer la porte défaillante. Pour Océan-Manor et San Francisco, la descente jusqu’à Sireuil se fait doucement pour slalomer entre les bancs de sable, ce n’est pas le cas du Solfanne qui s’échoue une fois de plus. Heureusement, son ange gardien veille et La Kim Anh est là pour le sortir, une fois de plus de ce mauvais pas. Nous restons à Sireuil pour déjeuner, certains doivent se remettre de leurs émotions. 

Nous repartons en début d’après-midi en direction de Saint Simeux. Nous sommes attendus par Paul Frémont responsable de l’association des pêcheries de Saint Simeux, pour la visite des pêcheries. Navigation sans labourer les fonds cette fois. 

Une petite erreur et le San Francisco amarré se met en travers du chenal d’accès de l’écluse, un petit bout d’amarre coupée et c’est reparti sans mal. Vers 16h00, nous sommes accueillis lors de notre arrivée au ponton des Essacs par Paul Frémont qui vient nous prendre les amarres. Après un café, nous partons tous à la découverte du fonctionnement de ces pêcheries qui ornent le barrage de Saint Simeux.

Petite explication : C’est une pêche qui se faisait lorsque les eaux étaient plutôt hautes en période d’avalaison des anguilles, lors de leur départ vers la mer des Sargasses pour la reproduction, c’est-à-dire, fin de l’automne ou début de l’hiver. L’accès aux essacs se faisait en barque par le côté aval. Une fois sur place, le pêcheur attachait un filet en forme de tuyau, la manche,
-        d’un côté à un cadre. Celui-ci était suspendu à un treuil qui permettait de le descendre et de le remonter.
-        de l’autre côté, la manche était fixeé à un bourgnon, une longue nasse en osier qui servait à retenir les anguilles.

Le tout était descendu dans l’eau en aval de la pêcherie avant d’ouvrir la vanne, la lèverie, qui laissait alors passer le courant d’eau dans la manche et la nasse. En fin de nuit, le pêcheur refermait la lèverie et remontait le cadre pour récupérer le manche et le bourgnon. A la bonne période, il n’était pas rare de prendre ainsi plus d’une centaine d’anguilles. Avec les moyens qu’il avait à l’époque, c’était une pêche plutôt « sport » et qui n’était pas sans risque. (Petite barques plates mues à la force du poignet à la godille, débit de la rivière, de préférence les jours sans lune, pas de lumière et en général du mauvais temps.)

Après-midi très culturelle et fort agréable. Aujourd’hui dans le journal de la Charente libre on parle de nous et de notre galère rencontrée pour remonter la Charente, un article qui risque de faire du bruit en haut lieu mais qui fera peut-être bouger le Conseil Général pour améliorer  le balisage de cette très belle rivière.
Mercredi, après une nuit très pluvieuse, le temps n’est pas au beau fixe. Un timide rayon de soleil passe son nez au travers des nuages. A la première écluse, Jean-Marie n’est pas encore bien réveillé. Nous sommes à l’amont de l’écluse et il ouvre les portes avales ! Le temps se maintient nous échappons à la pluie. A l’écluse de Vibrac, le duo Solfanne et La Kim Anh passe devant nous pour s’arrêter à Saint Simon.  Nous allons déjeuner à La Chabourne, petit restaurant du village gabarrier, où Michel se fait une copine !!!.... Nous avons droit à un bon menu du jour. Très bon rapport qualité prix. Nous repartons dans l’après-midi vers Graves, un petit village bien sympathique en pleine campagne. Le ciel se dégage. Nous allons visiter le cognac Brillet, pas génial pour l’accueil, nous avons vu mieux, par contre, nous leur demandons la clé de l’église où nous y découvrons deux très belles fresques. 

Nous terminons la soirée sur les bancs et la table devant la halte.
Jeudi, le baromètre dégringole, le mauvais temps arrive. Le ciel est chargé mais il fait sec. 

La drague qui était pleine d’herbes lors de notre passage à l’aller, est remise en route… Serait-ce notre article de journal ? Nous naviguons 2,5 km pour nous arrêter en amont de l’écluse de Saintonge. 

Nous enfourchons nos vélos et parcourons  2 km pour aller voir l’abbaye de Bassac avec son très beau jubé et son cœur garni de splendides boiseries dont un lutrin en forme d’aigle. Nous découvrons à l’intérieur une statue de Saint Nicolas qui, ici, était vénéré par les jeunes filles qui voulaient se marier. Celles-ci lui frottaient le pied droit en faisant leur prière dans l’espoir de faire un bon mariage ; résultat, Saint Nicolas a perdu son pied droit. 

Même si elle a été plusieurs fois remaniée, l’abbaye  reste un très beau bâtiment. Retour au bateau pour continuer la navigation vers Jarnac. Sur cette partie de la Charente, il y a un peu plus d’eau, l’attention est moins soutenue. Nous croisons quelques bateaux de location qui montent vers Angoulême. Le passage du pont de Jarnac se fait sans trop de difficultés malgré la légère baisse du niveau d’eau. 


Le San Francisco touche légèrement mais sans se poser complètement. Michel se dégage seul sans aucune difficulté. Il y a du monde à quai et nous ne trouvons pas de place près des borniers d’eau et d’électricité comme lorsque nous sommes montés. Olivier, le responsable de la base du Boat vient dîner à bord avec tous les membres de l’armada. Une soirée d’histoires de navigation bien agréable.
Vendredi, le soleil est là mais il fait plutôt froid. Nous passons encore un peu de temps avec Olivier pour la correction des cartes des éditions du Breil avant de repartir en navigation. Le Solfanne et La Kim Anh partent en éclaireur vers Cognac. Nous les rejoindrons plus tard. L’article de journal a dut faire du bruit, Monsieur Gracia, responsable du fleuve Charente pour le Conseil Général, nous recontacte pour nous rencontrer. Après une courte navigation, nous nous amarrons à Bourg-Charente pour déjeuner après avoir bougé d’autorité un bateau de location qui ne prétendait pas se déplacer parce qu’ils déjeunaient ! Monsieur Gracia nous y rejoint pour une discussion constructive sur le balisage de la Charente et ses aménagements aux abords des écluses et barrages. Il faut espérer que cela évolue dans le bon sens pour la suite de la saison.

Nous reprenons notre navigation. Encore une halte à Saint Brice au pied du château, une halte très bucolique. Les vélos sont mis à terre et nous partons à la recherche de l’abbaye de Châtre qui est une abbaye abandonnée au milieu des champs pas très loin du village. 

Nous découvrons une ferme fortifiée qui ressemble plutôt à un château. Elle est flanquée d’un monumental pigeonnier cylindrique qui menace dangereusement de s’ouvrir en 2.  Renseignement pris, c’est le château de Garde Epée. Plus loin sur le chemin, nous découvrons le Dolmen de Garde épée avant d’arriver au golf. Manque de chance pour Michel, il n’a pas ses clubs, ce sera pour une prochaine fois. 

Nous continuons notre vagabondage entre vignes et champs avant de découvrir l’abbaye de Châtre, joyau de l’art roman abandonnée en pleine nature. Le retour au bateau est plus aisé, la route descend. Nous serions bien restés là pour la nuit mais le Solfanne et La Kim Anh nous attendent à Cognac pour un apéritif dînatoire. Nous repartons donc pour une petite navigation. 

Tout le matériel du conseil général n’est pas encore en service ! Nous traversons Cognac à toute petite vitesse, il y a des joutes nautiques au pied de la porte de la ville. Il est 20h00 lorsque nous jetons les amarres sur le quai. Une journée bien remplie, vraiment pas le temps de s’ennuyer !
Samedi, journée de relâche à Cognac. La journée est grise et froide. Kim nous cuisine des nems pour le dîner… Un régal ! L’après-midi est plus studieuse, nous allons au musée des arts du cognac. 

Nous nous faisons jeter du musée à 18h00, cela fait 3h00 que nous y sommes, nous n’avons pas vu le temps passer. Encore une petite escapade à la gare, nous sommes à la recherche d’une voiture de location pour aller visiter une tonnellerie lundi. Elle est à près de 20 km de Cognac, un peu loin pour y aller en vélo, de plus, c’est une route très passante. Nous avons bien contacté les taxis de la région mais ils sont bien trop chers, 240 euros pour l’aller et le retour, ils nous prennent pour des américains. Nous n’aurons pas de réponse aujourd’hui, tout est déjà fermé. Il faudra attendre lundi matin.

Dimanche, la nuit a été très pluvieuse. Le temps ne s’améliore pas, il tombe des cordes. Aujourd’hui, grasse matinée, météo oblige. Nous en profitons pour la déclaration d’impôt, le secrétariat, l’administratif et la mise à jour du blog pour vous tous qui nous suivez.

dimanche 3 juin 2012

L’armada arrive enfin à Angoulême.



Toujours pas de diaporama, je ne suis pas bonne en informatique. Cliquez sur le lien ci-dessous pour y accéder.
Jeudi 31 mai, le ciel est voilé mais il fait bon. Nous profitons de notre escale à Saint Simon pour aller visiter la jolie petite église où pend un ex-voto, vestige d’un passé glorieux de navigateurs. 

Nous ne manquons pas de faire escale à la maison des gabariers qui retrace la passé glorieux de la construction navale autour du village. De très belles maquettes expliquent aussi l’évolution de gabarres au fil du temps. Outils et objets collectionnés et organisés nous font revivre la Charente au temps de gabarres. Après ce retour dans le passé, nous reprenons la barre de nos embarcations respectives pour continuer notre remonte. Quelques km plus loin, nous accostons à l’ombre sur les îles de  Châteauneuf sur Charente. Il faut être aussi vigilent que nos gabarriers d’autrefois pour éviter les bancs de sables qui ne sont pas encore correctement balisés. Pas d’eau pour faire le plein, les borniers ne sont pas remontés. Ici, on craint encore le gel… 

Après le repas, nous allons flâner en ville. Nous faisons un petit crochet par la mairie pour savoir si l’on peut obtenir de l’eau. De nouveaux borniers avec carte bancaire vont être installés mais l’adjoint aux travaux ne sait pas quand, les travaux ont été annulés à cause de la crue (fin avril) et la mairie ne sait pas quand est-ce qu’ils vont reprendre. Nous repartons  en fin d’après-midi, il fait moins chaud pour naviguer. 

Nous profitons pleinement de cette nature tranquille et de ces décors verdoyants. Nous arrivons à Saint Simeux et ses pêcheries, patrimoine typique de la Charente. Le Solfanne et La Kim Anh s’amarrent sur le ponton du restaurant. Océan-Manor s’amarre sur la petite île de Saint Simeux, San Francisco jette l’ancre à côté de nous. 

Nous mettons les annexes à l’eau pour rejoindre les autres équipages pour une bonne Guinness au pub tenu par un angais. Retour à bord en faisant le tour de l’île et en passant dans les nénuphars. Grosse journée de navigation … 11 km et 3 écluses.
Vendredi, il fait chaud dès le réveil. Après un briefing par VHF, nous quittons notre île. Une première écluse au pied du village dans un décor magique. La Charente se fait plus étroite et aussi moins profonde, surtout au-dessus des bancs de sable. Il y a quand même assez d’eau pour nos deux « Pédro ». 

En bordure de Charente, nous pouvons encore voir des vignes d’ugni blanc, le principal cépage qui entre dans la composition du Cognac. Une halte bienvenue vers midi à Sireuil. Nous nous installons à l’ombre des arbres. Nous allons voir la base Nicol’s pour la mise à jour du guide de navigation des éditions du Breil. Il fait très chaud et la navigation crée un petit air très rafraîchissant. 

Par contre, pour tourner les volants d’écluse, nous transpirons. Heureusement, nous n’en avons qu’une à passer cette après-midi. Nous nous amarrons juste en amont de l’écluse de La Motte, à Trois Palis après une navigation de 12 km et le passage de 4 écluses.
Samedi, le ciel est nuageux, voir orageux. Nous aurions peut-être droit à une averse par-ci et quelques gouttes par-là. Petite visite au village. 

L’église est ouverte mais la chocolaterie est fermée, elle n’ouvrira ses portes qu’à 14h00. Nous y repasserons à la descente. La navigation est sérieuse, il faut bien surveiller le sondeur. Pour Océan-Manor, nous effleurons une digue submergée. Les bouées rouges ne sont pas bien posées. Nous nous amarrons à Fleurac en aval de l’écluse. Un coup de VHF nous indique que le Solfanne est posé. Un coup de pédale et nous pouvons constater qu’il est posé à l’endroit où Océan-Manor a touché. 

Le Solfanne n’est plus tout à fait dans ses lignes d’eau. Impossible de se dégager tout seul. La Kim Anh navigue à son secours. Une amarre est lancée et une remorque est mise en place pour tirer le Solfanne en marche arrière hors de son perchoir. Ça y est, le Solfanne retrouve l’eau libre… Arrivera-t-on à Angoulême, il ne reste que 9,5 km. Nous déjeunons à Fleurac. Promenade digestive sur les jolies îles du barrage. 

Le musée du moulin à papier est malheureusement fermé. C’était un des derniers moulins qui fabriquait encore du papier à l’ancienne selon une technique du XVII siècle. C’est bien dommageable pour cette belle halte. Nous repartons en début d’après-midi avec le soleil pour tenter d’arriver à Angoulême. A l’écluse de Fleurac, les jeunes nous aident pour la manœuvre. Nous ne refusons pas. Au-dessus, il y a beaucoup d’eau, la navigation est plus aisée. L’écluse de Basseau se profile devant nous. Elle est toujours aussi difficile à approcher. Le quai d’attente y est très mal placé. Il faut être  très bon à la manœuvre et très rapide à l’amarrage (ce qui n’est pas aisé avec les anneaux) sous peine de voir son bateau faire demi-tour aussi vite. Une vantelle de la porte amont est bloquée à moitié fermée. Nous arrivons malgré le flux d’eau à ouvrir les portes avales en forçant un peu. Bassinée pour Océan-Manor et le San Francisco. On recommence l’opération pour le Solfanne et La Kim Anh. Les portes avales sont ouvertes lorsqu’ils arrivent. Pour eux, pas d’amarrage sur le quai inapprochable. Nous continuons notre remontée en faisant de nouveau bien attention à la profondeur, il ne doit pas rester grand-chose sous la quille des « Pédro », en regardant bien, on voit le fond ! Encore une écluse où ce n’est pas commode d’accéder au ponton à cause du courant et en plus, il manque d’eau, même pour Océan-Manor, impossible de s’y approcher à moins de 50 cm. 2 bassinées et voilà le dernier bief encore une écluse et nous serons à Angoulème. 

Nous arrivons à l’écluse de Saint Cybard, les portes amonts sont ouvertes et les vantelles avales aussi. Il y a un de ces bouillons en-dessous de l’écluse et des nageurs qui y barbotent. L’amarrage y est difficile avec tous ces remous. Les nageurs sont sortis de l’eau. Nous fermons les portes amont et faisons rentrer le Solfanne et la Kim Anh. Cette fois, c’est une vantelle avale qui ne veut pas fonctionner. Bizarrement, lorsque l’on parle d’appeler la police (qui connait les numéros pour joindre les responsables des écluses) tous les nageurs disparaissent très rapidement. Nous pensons qu’ils ne sont pas innocents pour les manœuvres intempestives de l’écluse,c’est si gai de nager dans les remous !... A l’heure qu’il est, personne ne répond plus nulle part. 2 solutions : on fait demi-tour pour retourner au quai de Basseau ou on se débrouille pour fermer la vantelle. Nous choisissons la deuxième solution. 

L’annexe est mise à l’eau et la grenouille va sonder les trappes de vantelles. Y aurait-il quelque chose qui coince ? Jean Marie se met à l’eau et plonge à son tour. Rien de bloqué. Nous forçons donc : Jean Marie debout sur la vantelle, la grenouille agitant la barre de descente, Michel tournant le volant de la vantelle et un navigateur local tapant sur le haut de la crémaillère pour la faire descendre. Lentement mais surement la vantelle retourne à sa place devant les trappes. Plus d’une heure pour fermer 1 vantelle. Une première bassinée pour libérer La Kim Anh et Solfanne puis une deuxième pour le San Francisco et Océan-Manor. Il est 20h55, nous sommes enfin à quai à Angoulême ! Nous n’y croyons plus. Il faut vraiment le vouloir pour arriver au bout de la Charente. 4h30 pour parcourir 8 km et passer 4 écluses ! Heureusement, nous ne sommes pas pressés mais nous avons bien failli faire demi-tour à la dernière écluse à 500 mètres du quai. Angoulême ça se mérite ! Une bonne surprise, nous trouvons des bornes d’eau et d’électricité qui fonctionnent ! 

Une journée bien remplie.
Dimanche, après une nuit très pluvieuse, le ciel est chargé. Journée de relâche à Angoulême. Après la journée d’hier, nous sommes contents de rester à quai 1 journée. Il faut ménager les équipages. Malgré une météo peu clémente, il y a du monde sur les quais qui viennent voir les bateaux. Ce n’est pas courant d’y voir 4 gros bateaux, en plus, des bateaux de propriétaire… Même la presse locale vient nous voir. C’est un peu une gageure de monter 2 « Pédro » qui ont 1,15 m de tirant d’eau jusqu’à Angoulême, heureusement il y a de l’eau en Charente ! 

En fin de journée, Anne-Céline, Walter et les enfants viennent nous faire une petite visite. Nous prenons l'annexe pour aller voir la position des vantelles. Il ne faudrait pas que la vantelle soit de nouveau coincée en haut. Nous avons de la chance, elle est toujours en bas. Nous ne devrions pas avoir de problème pour quitter Angoulême. Ce n'est pas le tout d'y arriver, il faut encore pouvoir partir!

Mais nous sommes tous très heureux d’être là malgré tout. La Charente est une petite merveille qui n’est malheureusement pas relié au restant des voies navigables. On y accède par la mer ou par camion.

L’armada continue la remontée de la Charente.




Toujours pas de diaporama : pour y accéder, cliquez sur le lien ci dessous : 
Dimanche 27 mai, le soleil est là avec un petit vent frais. Nous démarrons de bonne heure. Il y a beaucoup de pêcheurs qui ne sont pas toujours sympathiques. Ils n’ont pas l’habitude de voir autant de bateaux. Nous arrivons à l’écluse de la Baine. Tous les feux sont éteints. 

Nous sommes le dimanche de Pentecôte, n’y aurait-il pas de navigation aujourd’hui ? Jean-Marie appel le responsable de l’écluse. La réponse est rapide, il suffit de tourner le bouton pour allumer les feux et faire fonctionner l’écluse. 

Nous suivons les instructions et éclusons 2 par 2. Nous pouvons observer des cigognes dans les champs qui bordent la Charente, elles sont même beaucoup plus nombreuses que les hérons. Elles ont bâti leur nid dans les arbres. Nous sommes pourtant loin de l’Alsace ! Au bout de 25 km de navigation, nous arrivons au village « Chez Landard », il y a 2 pontons sont neufs. 

Nous posons les 4 bateaux en déplaçant un petit bateau qui prend toute la place sur 1 ponton avant d’installer le barbecue sur le quai. Pique-nique à l’ombre des arbres, deux délicieux saumons grillés. Nous traversons  la route pour aller visiter la distillerie de Christian Babinot. Nous y sommes très bien reçus et nous bénéficions de toutes les explications sur la fabrication du Cognac et du Pineaux des Charentes. 

Christian répond à toutes nos questions en nous faisant déguster ses produits. Une après-midi fort agréable surtout que le temps s’est remis au beau fixe.
Lundi, après une nuit tranquille et reposante, nous partons avec un soleil radieux. La navigation est agréable, nous naviguons en musardant. Nous profitons du paysage. Il y a du courant sur la Charente, près de 2 km/h dans le nez. Arrivés près du barrage, nous trouvons une bouée déradée avec les crues qui n’a pas encore été replacée, elle prête à confusion. Heureusement, le petit bras qui lui fait face est parsemé de nénuphars. Nous passons donc à côté de la bouée contrairement aux instructions nautiques et accédons à notre première écluse manuelle. 

Nous accostons au ponton d’attente en mettant le San Francisco à couple. Une première bassinée et nous sortons de l’écluse. Le Solfanne et La Kim Anh sont en vue. Nous nous amarrons au ponton d’attente en amont de l’écluse pour fermer les portes et préparer  la bassinée suivante. La deuxième bassinée terminée, nous repartons tous les 4 vers Cognac. Nous trouvons de la place pour les 4 bateaux sur le grand quai en pierre. Une navigation de 9 km avec le passage d’une écluse manuelle. 

Après un bon repas, nous voulions visiter le musée du Cognac, manque de chance pour nous, il est fermé. Nous faisons la visite de Martell qui complète bien la visite que nous avions faite hier chez Christian Babinot. Retour tranquille au bateau, le lundi de Pentecôte, Cognac est une ville morte.

Mardi, soleil et ciel bleu, nous allons faire nos courses au Leclercq en bateau après avoir été au marché couvert pour les produits frais. Plutôt que de faire comme tout le monde et prendre un caddie sur le parking, 

Michel, Charles et Jean Marie repêche celui qui est au fond de l’eau… Pas génial, l’odeur pour faire les courses ! Une matinée avitaillement de tout ce qui est lourd : eau, gaz, lait ; … . Nous retournons faire le barbecue sur les quai de Cognac avant de reprendre notre remontée de la Charente. La navigation continue en 2 groupes, nous nous retrouvons aux écluses. En fin d’après-midi, nous sommes à Jarnac après une journée de navigation de 17 km et 3 écluses manuelles passées. Nous nous amarrons chez Le Boat, à la base d’Olivier Chauvin. Il a eu la gentillesse de réceptionner notre courrier qu’il faut faire suivre pendant la navigation ! L’eau est claire, le temps chaud, la Charente pas trop froide, une petite baignade, c’est une bonne façon de se rafraîchir. On en profite pour plonger pour vérifier les hélices. Un petit plastique pour La Kim Anh et des chiffons pour le Solfanne. 

La journée se termine avec un dîner en terrasse sur Océan-Manor avec un beau coucher de soleil sur la Charente. Que demander de plus ?

Mercredi, le soleil est toujours là. Avant de partir, nous passons voir Véronique du Boat pour mettre à jour la carte des éditions du Breil. Nous quittons le quai lorsque nous voyons un bateau avalant. Premier haut fond, les « Pédro » touchent légèrement avant le pont de Jarnac. Ce n’est pas certain que nous arrivions à Angoulême. 

Lorsque nous passons les ponts, il faut faire très attention. Sous l’eau, les piles sont bien plus larges qu’en surface. La navigation est très agréable même s’il faut rester attentif. Nous nous accostons en amont de l’écluse de Saintonge en plantant les 4 étraves de nos bateaux dans la berge. 

Amarrage en sauvage à l’ombre des arbres. Corvée de bois avant d’allumer un bon feu pour cuire les cotes à l’os, un régal. Sieste réparatrice après ce bon repas. Michèle et Paul viennent nous rejoindre pour la suite de la navigation. Nous repartons dans l’après-midi. Un petit crochet au-dessus du barrage de Saintonge avant de reprendre la remontée de la Charente. 

La manœuvre est délicate, il n’y a pas beaucoup de place pour faire demi-tour en haut du barrage. Le ciel est voilé, il manque un peu de soleil pour une belle photo. Juac et sa gabarre se profile devant nous, encore quelques km et nous voilà à Saint Simon, ancien village gabarier. Il n’y a pas trop d’eau le long du quai mais nous y sommes bien amarrés. 4 écluses sur 12 km d’une navigation tranquille sillonnant la campagne charentaise, que du bonheur. Des borniers avec monnayeurs et de belles tables ont été installés pour le plus grand plaisir des plaisanciers. Malheureusement, les borniers d’eau ont gelé et il est impossible d’obtenir de l’eau, nous verrons demain.